Nicolas Sarkozy cherchait une victoire sur les institutions, mais d’abord sur sa majorité pour la soumettre, et sur l’opposition pour la diviser. Il cherchait une victoire pour redorer un blason déprécié par un an d’échecs et d’injustices. Il voulait une victoire pour faire oublier tout le reste, ses comportements, ses emballements, ses excès, ses erreurs, et pour finir, une crise économique et morale.
Il voulait une victoire et ne répugnait à aucune manœuvre : pressions sur ses propres amis, menaces d’un redécoupage dont tel ou tel député pourrait se retrouver victime, promesses de faveur, de promotion, voir de domination… Tout se négociait, se payait, s’arrachait. Une voix est une voix, qu’importent les moyens.
Les radicaux de gauche faisaient l’objet de toutes les sollicitations. Un groupe leur était proposé à l’Assemblée nationale et au Sénat, jusqu’à offrir à l’un de leurs anciens présidents, une élévation au titre de Conseiller d’État.
Finalement la victoire de Nicolas Sarkozy fut celle de Pyrrhus. À peine deux voix. Celle du Président de l’Assemblée nationale, Président du Congrès, qui par tradition ne devait pas voter et l’a fait. Et celle de Jack Lang, dont on savait depuis le départ, depuis sa présence dans la Commission Balladur, qu’il avait été prévu pour ça. Mais quand même, quelle petite marge pour une petite réforme, illustrant de petites manœuvres.
Je veux donner deux rendez-vous après ce Versailles, journée des dupes. Le premier c’est l’année prochaine, même jour même heure, pour constater ce qu’il en est de l’application de la réforme. Je prends le pari, hélas, que c’est le Président de la République qui aura, par la révision de la Constitution, encore élargit ses pouvoirs, et que ce qui a été concédé au Parlement, ne sera en définitive que virtualité, illusion, miette, poussière. Et puis le second rendez-vous, c’est celui d’une vraie réforme de nos institutions, celle que la gauche doit au pays et qui devra être présentée en 2012 à l’occasion des élections présidentielles.
Mais ce qui a été le plus symbolique, comme illustration de l’omniprésidence de Nicolas Sarkozy, c’est ce que j’appelle la métaphore de Dublin. C’est en effet dans la capitale Irlandaise que Nicolas Sarkozy, lors d’une conférence de presse à côté du Premier ministre de ce beau pays, a commenté ce qu’il appelait « sa victoire » et qu’il a jeté ses feux sur une opposition supposée rigide, conservatrice, immobile. Incroyable spectacle que de voir un Président Français en déplacement dans un pays européen se livrer à une joute de politique intérieure devant un Premier ministre Irlandais médusé, n’en croyant pas ses yeux. Quelle confusion des genres, des rôles, des lieux, des places.
Nicolas Sarkozy veut être partout, parler partout. À Dublin pour commenter le petit OUI à la Constitution, et bientôt au Congrès de Versailles où il pourra s’exprimer, puisque c’est ce qu’il voulait, pour parler peut-être du NON des Irlandais. Allez comprendre… C’est pourtant simple, Nicolas Sarkozy veut être le seul acteur de la vie publique, le seul à parler, le seul à décider, le seul à se contempler, à se regarder agir pendant que les Français, ravalés au rang de spectateurs, aspirent pourtant à dire leur mot en citoyens. Le jour de la démocratie sera celui précisément où les citoyens prendront la responsabilité d’arrêter le spectacle.
22 juillet 2008 à 23:53
On n’est jamais mieux trahi que par les siens.
Celui qui a tant fait pour se rapprocher de Sarkosy par la bande pour pouvoir s’attabler une dernière fois à la table du pouvoir et grappiller quelques miettes a donc franchi le Rubicon.
J’attends maintenant, la saisie de la commission des conflits et son exclusion définitive. Çà c’est mon exigence de militant socialiste.
Et en tant que secrétaire fédéral et secrétaire de section, j’ajouterai que la force d’un parti c’est de jouer collectif et de respecter scrupuleusement une discipline de parti que nous exigeons des militants et que les dirigeants foulent au pied lorsque leur intérêt personnel l’exige.
Peu importe les raisons pour lesquelles Lang après avoir pavané au pique nique du 14 Juillet à la recherche des caméras, sa drogue, son unique motivation, sa seule motivation, a jugé utile de trahir, son exclusion de fait du Parti doit être actée.
Sinon comment demander aux militants des différents courants de s’obliger à une solidarité de parti dont certains s’exonèrent.
Certes ce n’est pas nouveau, mais cette fois-ci la coupe est pleine…
23 juillet 2008 à 21:42
Notre camarade Jack Lang a fait couler beaucoup d’encre ces derniers jours suite au vote de la réforme des institutions. Nombreux sont ceux qui ont reprochés au député de Boulogne d’être à l’origine de cette victoire de Sarkozy.
Toutefois il faut apporter une nuance à cela; non pas parce que je suis un fervent défenseur de celui qui chaque année montait la roche de solutré avec F. Mitterrand, mais simplement pour apporter un complément d’information. Deux choses: la première vient du fait qu’en plus d’une quinzaine de socialistes ( donc ultra-minoritaire sur l’ensemble des députés PS), l’unanimité des parlementaires PRG ont votés ce texte. Les radicaux de gauche ont tous ensemble votés ce texte à la différence des autres partis de gauche… Selon le président de ce parti, M. Baylet, il était nécessaire de dépasser les clivages politiques. Je fais parti de ceux qui pensent que tous les actes d’un élu (et surtout ses votes au congrès) sont politiques.
Dans un second temps, il faut rappeler que par principe, lors d’un vote en congrès, le président de l’assemblée ne participe pas au vote. Or, pour la première fois, M. Accoyer qui en tant que président de l’assemblée nationale présidait la séance a participé au vote… C’est scandaleux.
Donc, ne nous laissons pas endormir par ce que nous entendons: Lang est responsable de beaucoup de choses mais pas de tout.
24 juillet 2008 à 1:23
Mes camarades,
J’ai honte que la France soit représenter par ,je cite : »un petit garçon dans la cours des grands », comme l’avait dit ce cher PPDA.
Après avoir mis la main sur les médias, après avoir donner les postes clés à ses amis, après avoir jouer avec vos craintes, vos peurs, après avoir changer la Constitution, acte le plus sacrée de la République, après vouloir forcer un pays (l’Irlande) à changer son vote,après avoir invité un didacteur à la tribune d’honneur du 14 Juillet, après avoir offert des cadeaux fiscaux aux plus riches, après vouloir toucher au Code du Travail, et j’en passe, où allons nous en arrivé.
Française, Français, si nous ne bougeons pas, si on ne se fait pas entendre, alors Nicolas Sarkozy aura les plus grands pouvoirs qu’il est possible de donner à un Président…nous devons agir par nos idées, par nos rassemblement, par nos voix, qui doivent sonner la fin de Nicolas 1er.
La France est une nation, qui s’est toujours battu pour la justice, la liberté, l’égalité, et la fraternité.
Des principes fondamentaux de notre République démocratique, et qui doivent être respecté, et encore plus par le Président.
En conséquent, j’ai décidé de militer pour le Parti Socialiste plus que jamais, et je m’engage aujourd’hui à lutter contre cette façon de diriger nos collectivités, notre nation, et notre Europe.
Au lieu de ce plaindre a longueur de temps sur la politque SARKOZIENNE, agissons ensemble, car ensemble nous serons plus fort.
Cordialement
25 juillet 2008 à 21:54
Mehdi a dit : « Deux choses: la première vient du fait qu’en plus d’une quinzaine de socialistes ( donc ultra-minoritaire sur l’ensemble des députés PS), l’unanimité des parlementaires PRG ont votés ce texte »
Une quinzaine de socialistes ??? Es tu sur que nous parlons de la même chose ?